
Il y a deux semaines, j’ai accouché de mon deuxième enfant. Un petit garçon que nous nommerons Mr S. pour ne pas dépareiller avec le pseudo de sa grande sœur, Miss A., âgée de 19 mois. Cet accouchement a eu lieu au terme d’une grossesse normale quoique fatigante, pour cause de congé maternité pris quatre semaines seulement avant l’arrivée de Mr S., 11 jours avant terme. Fatiguante aussi à cause de sa « grande » sœur, en pleine période « pré-terrible two »… Vous me direz: « Quelle idée d’avoir des enfants si rapprochés »… et vous aurez raison
. Bref, une seconde grossesse non-pathologique comme la première et, malgré tout, bien différente de cette dernière.
J’ai la sensation d’avoir couru après le temps qui passait trop vite
Parce que c’est clair, la première fois, je ne pensais qu’à ça (j’avais le temps et l’énergie): mon corps et ses transformations, mon bébé qui grandissait jour après jour dans mon ventre… J’étais à jour dans la lecture du « Journal de bord de la future maman » (voire en avance d’une ou deux semaines) et la chambre de bébé était prête cinq mois à l’avance – j’exagère à peine. Pour le deuxième (je ne veux même pas imaginer comment se déroulerait une troisième grossesse… Enfin si, mais bon, héhé, c’est comme qui dirait… un peu prématuré
), j’ai la sensation d’avoir couru après le temps qui passait trop vite, d’avoir eu à faire des pauses forcées pour me souvenir que j’étais enceinte et pas juste « un peu fatiguée ». Ce à quoi s’est ajoutée, par petites touches, la (trop fameuse) culpabilité de ne pas accorder autant de temps à bébé par rapport à l’aîné, in utero déjà.
Néanmoins, mes aspirations étaient grandes, mes envies pour cette nouvelle aventure ambitieuses. Depuis un an environ, je fréquente les blogs de mamans, continue mes lectures thématiques débutées lors de ma première grossesse (en 2008) – voir ici et ici. Et surtout j’affine ma perception de ce que représente pour moi (!!) la naissance (une transition chaotique et nécessaire…), j’analyse mon premier accouchement à l’aulne de mes nouvelles connaissances (sur l’engrenage des gestes médicaux notamment) et je formule des souhaits pour l’accueil de mon « petit second ». J’en viens donc au sujet du jour (enfin!): la façon dont toutes ces lectures (et les échanges toujours fructueux avec La Poule et les poulettes de la Basse-cour) ont influencé mon accouchement. Et en particulier trois livres écrits par des sages-femmes: « Au monde, ce qu’accoucher veut dire » de Chantal Birman, « J’accouche bientôt et j’ai peur de la douleur » de Maïtie Trelaün (les billets correspondants de La Poule ici et ici) et « Passages de vie » de Joëlle Terrien. Il ne s’agit pas ici d’en faire des fiches de lecture, mais de montrer à quel point ces essais (auxquels on peut ajouter « Pour une naissance à visage humain » de Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau chez Jouvence) ont rythmé ma seconde grossesse et façonné le vécu de ce deuxième accouchement.
Ces trois livres m’ont permis de prendre conscience de ce que je ne voulais pas revivre
Tous trois s’attellent à décrire ou dénoncer, pour l’un, les conditions de travail des sages-femmes et le rôle que ces conditions joue sur les protocoles d’accouchement imposés aux futures mamans en France, pour le second le déroulement précis de l’accouchement physiologique (par opposition à l’accouchement sous anésthésie), quand le troisième prône l’accouchement « libre », à la maison, à peine assisté d’une professionnelle – la sage-femme (SF pour aller plus vite…). Ces trois livres m’ont permis de prendre conscience de ce que je ne voulais pas revivre (un accouchement sous péridurale, codifié et chronométré par le personnel médical, à qui j’ai délégué en partie la naissance de ma fille). Attention cependant, je ne suis pas de celles qui ont le sentiment de s’être fait « voler leur accouchement ». Je crois au contraire avoir vécu un premier accouchement assez serein et à la mesure de mon expérience et de mes capacités d’alors. Ce n’est qu’une fois un peu de recul pris, que j’ai souhaité un autre déroulement pour cet accouchement-ci – dans la mesure du possible bien sûr, tant que tout « se passait bien ».
J’ai donc d’abord recherché la préparation adéquate, histoire de me donner les meilleures chances et les meilleurs outils pour me passer d’anesthésie. Par manque de temps et parce que je suis relativement en phase avec ma gynécologue, j’ai abandonné l’idée d’un suivi global et me suis mise en quête du SF libérale succeptible de combler les vides de ma préparation antérieure – une préparation classique et collective menée par une SF géniale qui malheureusement est décédée dans un accident l’été dernier… J’ai rapidement trouvé (aux alentours du 5ème mois de grossesse) une SF réceptive à mes attentes (accouchement moins médicalisé, plus grand rôle donné au papa etc.) qui m’a proposé une préparation individuelle, au fil de laquelle elle m’a permis de tester le yoga (bof…), a initié le papa aux points d’acupuncture à activer pour distraire la maman au moment des contractions (pas mal, quoique peu utilisé… Il s’agit de la préparation Bonapace) et surtout, au cours de laquelle j’ai pu pas mal vider mon sac. Une psy spécialisée en quelque sorte…
La suite dans les prochains jours…
12/04/2010 at 16 h 08 min Liens permanent
Et bien ça donne envie de savoir la suite !!
12/04/2010 at 16 h 41 min Liens permanent
C’est vrai qu’on reste sur sa faim… la suite la suite ! Sinon je ne sais pas si la sage-femme serait contente d’être qualifiée de « psy spécialisée »
12/04/2010 at 16 h 54 min Liens permanent
19 mois c’est l’écart de mes 2 ainés , fille et garçon comme toi et maintenant qu’ils en ont 18 et 19 je peux dire que si c’est pas mal de disputes quand ils sont petits c’est beaucoup de complicité entre eux aujourd’hui
12/04/2010 at 17 h 56 min Liens permanent
arghhhhh je veux lire la suite!!!!!!!!!
12/04/2010 at 19 h 09 min Liens permanent
Moi aussi je veux la suite!
Je trouve qu’il est tout à fait normal d’évoluer entre deux naissances, deux accouchements. L’expérience du premier nous questionne sur la naissance souhaitée du deuxième. Avec le recul on voit les choses différemment, on les veut différentes. Nous avons déjà donner la vie, on s’en sait capable. On s’enhardie, on se sent plus forte pour décider, pour prendre la naissance de notre enfant en main. J’ai moi-même évolué entre les deux naissances de mes enfants et je pense que pour un troisième ce sera encore différent.
12/04/2010 at 20 h 12 min Liens permanent
hé c’est quoi ce suspens ????
Pour mon 2e accouchement, je voulais juste une voie basse, pas d’autres ambitions. Ce ne fut pas un accouchement très physiologique, bien au contraire et heureusement car très long et se finissant en hémorragie avec transfusion … Mais les sages femmes, les médecins, les infirmières ont été plus que chaleureuses et ça m’a beaucoup réconfortée. Bon, ici sûrement pas de petit(e) 3e, mais sinon les SF m’ont bien prévenue que je n’avais pas du tout la morphologie pour avoir des bébés de plus de 3 kg (la Puce : 3 350 kg et miss Bébé : 3 680 kg …). En tout cas, cet accouchement me conforte dans le fait que la césarienne de la 1ere était justifiée, ainsi que mon choix de maternité de type II. Comme quoi, on peut être heureuse de situation qui déprimerait une autre !
12/04/2010 at 20 h 44 min Liens permanent
@ Toutes: j’y vais petit à petit… Pas beaucoup de temps entre deux tétées, mais promis, je ne tarde pas trop…
@ La Poule: ben pourtant, je trouve qu’en préparation, la SF a un peu ce rôle… ça ressort d’ailleurs fréquemment dans les billets des 10lunes… Enfin, c’est mon opinion, qui peut ne pas être partagée par toutes
@ Olympe: 17 mois d’écart entre ma sœur et moi, beaucoup de bagarres et de complicité plus tard aussi. Mais ce n’est pas pour cette raison que j’ai remis le couvert si vite: j’avais tout simplement l’impression que ma famille était incomplète et j’ai fortement ressenti l’impression d’être dans une dynamique allaitement/grossesse que j’ai souhaité poursuivre… (Une chance, je suis tombée enceinte de BB2 6 semaines après l’arrêt de mon premier allaitement…)
12/04/2010 at 21 h 18 min Liens permanent
Psy spécialisée ?? suis pas sure de nous y reconnaitre. Nous sommes un peu et jamais tout à fait.. un peu psy, un peu toubib, un peu kiné, un peu infirmière, un peu puer, un peu ….ce drôle de mélange fait la difficulté et la richesse de notre métier.
Mais l’une des meilleures façon d’accompagner les femmes est surement de les écouter. C’est ainsi que peuvent émerger les trouilles paralysantes et les désirs énergisants…pour se débarrasser des uns et s’appuyer sur les autres…Et ça, c’est un vrai boulot de … sage-femme !
A part ça, je sais qu’une naissance prend du temps mais c’est pas sympa de nous faire mariner !
13/04/2010 at 7 h 38 min Liens permanent
@ Vert citrouille, tout à fait d’accord! La première fois, c’est l’inconnu, on ne sait pas si on en sera capable (une peur peut-être infondée si l’on considère qu’une grande majorité de femmes est passée par là sans trop de dégâts…). On a une vision de l’accouchement très négative véhiculée par des centaines d’années (des milliers?) de diabolisation de la naissance (« tu enfanteras dans la douleur… » les mortes en couches des siècles passés, les copines et belles-mères qui racontent avec force détails leurs accouchements cauchemardesques etc.). Or, une fois qu’on est passée par là, on sait qu’on peut le faire sans trop de risque (merci quand même aux progrès de la médecine…) on a de cesse de vouloir « améliorer la performance » (je sais que la formulation est politiquement incorrecte, mais chez moi, je dois avouer qu’il y a eu un peu de ça…). Bon y en a qui « savent » dès le premier coup… N’est-ce pas Charlinette
?
désolée pour l’hémorragie&co, ça a pas du être marrant… Ce qui me faisait peur avec ça, c’est de ne pas pouvoir quitter la mat’ le jour même… Heureusement, rien de tel pour moi.
@ Sophie, moi aussi maternité type 2, hein, faut pas déconner
@ 10lunes, j’ai énormément apprécié cette capacité d’écoute chez les deux sages-femmes chez qui j’ai fait ma préparation. J’ai appelé ça le « supplément d’âme » par rapport au rdv mensuels chez la gynéco qui ne durent pas plus de 15 minutes et ne permettent pas du tout d’exprimer ses doutes ou ses peurs… Le risque: rechercher une SF qui assure parfaitement tous les rôles alors que clairement, ce n’est pas possible…
13/04/2010 at 9 h 55 min Liens permanent
Je me reconnais bien dans ton début de billet.
Mes doudoux ont 18 mois d’écart et j’ai vécu mes grossesses de la même façon que toi.
Ma dernière grossesse, je la vivrai encore différemment puisque dans mon esprit, ce sera la dernière et que mes enfants sont désormais un peu plus autonome.
Et je suis d’accord avec Olympe.
(Avec ma soeur, on a 16 mois d’écart … )
13/04/2010 at 10 h 03 min Liens permanent
Pour rebondir sur le rôle et les compétences de la sage-femme, il me semble que la force de cet accompagnement est de considérer la femme comme un tout et pas comme un utérus avec quelqu’un autour ! Et le côté psy est important aussi parce qu’il interfère avec la physiologie (cf l’exemple de Chantal Birman qui s’inquiète -finalement à raison- pour une mère en dépassement de terme parce que son rire la met mal à l’aise). C’est je crois la force de la sage-femme et encore plus en accompagnement global de déceler les problèmes et pathologies éventuels par une vision globale de la femme et pas juste un tracé de monitoring. Et c’est aussi pour ça que j’ai choisi l’accompagnement global : pour moi (n’ayant a priori pas de pathologie) c’est l’option la plus sécurisée. J’ai plus confiance dans l’expérience d’une sage-femme qui a appris à me connaître qu’en un monitoring (dont je ne nie bien sûr pas l’utilité…).
13/04/2010 at 10 h 07 min Liens permanent
Bonjour,
J’ai aussi testé la méthode Bonapace pour mon 2ème (même parcours classique du 1er accouchement trop médicalisé) et j’en ai été assez satisfaite.
Finalement, le plus important est d’être bien préparé(s), quelle que soit la méthode, qui ne sera qu’un outil parmi d’autres pour gérer le travail. J’ai apprécié le fait que le papa ait un rôle actif, on se sent soutenue (pas sûre que j’aurai tenu seule après 10 heures de travail et 1 nuit blanche).
De plus, les SF qui assurent cette préparation sont en général beaucoup plus à l’écoute que les autres, les échanges sont enrichissants, et pour ma part, elles m’ont aidé à rédiger le projet de naissance (termes à choisir, ce qu’il est légitime de demander ou de refuser,…).
Isa