Crédit: msc-yachting
Nos lèvres se touchèrent. Resserrant ses mains sur mes bras, il me repoussa doucement. « Non… Vous ne me connaissez pas… » Je souris et l’embrassai à nouveau. Il se laissa faire d’abord, puis m’embrassa à son tour. Ses lèvres étaient fermes et charnues, ce baiser… transportant. Je me laissai totalement aller dans ses bras, oubliant un instant l’endroit où nous nous trouvions, la peur qui m’étreignait quelques minutes auparavant. Il passa la main derrière ma nuque, caressa mes cheveux, me serrant tout contre lui. Allongés sur la couchette, notre étreinte était douce et passionnée… Puis plus violente, à mesure que montait le désir.
Règle n°1: toujours tâter l’arrière-train de son partenaire!
Mais Jean se redressa d’un bond. « Taisez-vous! » me souffla-t-il brusquement, aux aguets. « Quelqu’un vient. » Il se précipita derrière la porte et sortit une arme de l’arrière de son pantalon (comment avais-je pu passer à côté de ça… Règle n°1: toujours tâter l’arrière-train de son partenaire, même -surtout?- enivrée par ses caresses!). Je n’eus pas le loisirs de sourire à ma propre remarque. Des pas très légers se firent entendre dans le couloir. Je me pelotonnai sur la couchette, soudain dégrisée. Je fixai la porte, puis Jean… puis la porte. Nous entendîmes un cliquetis discret dans la serrure, puis nous vîmes la poignée s’abaisser et la porte s’ouvrir. A la seconde où l’homme franchit la porte, il se retrouva un révolver appuyé sur la tempe.
« Robin! » m’écriai-je, oubliant toute prudence. Le frère de Jean resta figé, les yeux fixés sur moi, l’air presque amusé. « Jean, c’est bon, c’est moi… Tu peux te détendre. » Son aîné baissa son arme et tira Robin par la manche en refermant la porte d’un geste aussi rapide que précis. « Mais qu’est-ce que tu fous-là? Tu vas nous faire repérer! Tu devais rester avec Ariane et Julien! » « T’énerve pas. Ils sont dans la pièce d’à côté, avec Maxime et Ariane. Il ne manquait plus que… vous deux, pour l’extraction. » Jean et moi nous regardâmes d’un air gêné, qui fit immédiatement tiquer Robin. Il balada son regard entre son frère et moi, sans mot dire – qu’aurait-il pu dire d’ailleurs… Il ne savait rien de la scène qui venait de se dérouler et nous nous connaissions à peine. Pourtant, j’étais persuadée qu’une once de culpabilité devait se lire sur mon visage…
« Non, on ne peut pas quitter le bateau maintenant, c’est trop tôt et tu le sais », murmura Jean, suspicieux, tout en attirant son cadet dans le coin opposé de la cabine. « C’est clair… Nous allons donc attendre… ensemble. D’ici une heure, ils devraient être cuits. Avec ce qu’on leur a fait livrer, ils ne vont pas faire long feu. » Croisant mon regard interrogateur, Jean me glissa: « Annick a fait le nécessaire » (Somnifères? Arsenic? Héro??? Je ne m’aventurai pas à poser la question). Robin vint s’assoir à côté de moi sur la banquette, alors que Jean se postait près de la porte. Je m’enroulai à nouveau dans ma couverture et jetai un œil à travers le hublot. La mer était toujours aussi grosse, même si la pluie semblait moins forte. « Ne vous inquiétez pas Adèle, me chuchota Robin, à quelques centimètres de l’oreille. La tempête est en train de se calmer… Nous allons pouvoir emprunter le canot et débarquer sans souci. Vous serez bientôt sortie d’affaire… » Je le remerciai distraitement du regard et croisai celui de Jean, fixé sur nous. Je lui souris doucement. Me voulant… rassurante?
Le visage toujours fermé mais les yeux pétillants (je l’aurais juré en tout cas… T’as de l’espoir fillette, m’aurait sans doute répondu mon psy), Jean soutint mon regard. L’échange dura quelques précieuses secondes. Le temps nécessaire pour son frère de le remarquer, sans faire pour autant aucun commentaire. Au contraire, il me prit la main, qu’il se mit à caresser avec douceur. Et reprit, toujours à mi-voix: « Adèle, je suis navré de ce qui est en train de se passer… C’est… C’est parti en vrille. J’aurais dû être là à votre arrivée, j’aurais dû emmener mon père à Turin, j’aurais dû surveiller Alex de plus près… » Je le coupai: « Pourquoi Alex? Est-ce qu’il a quelque chose à voir avec la mort de votre père? » Robin répondit, baissant encore d’un ton (pour que Jean ne puisse suivre notre conversation? Pour créer une plus grande intimité entre nous?): « Nous ignorons encore qui est directement responsable du… décès. Mais il est clair qu’Alex n’est pas blanc-bleu dans cette affaire. De là à l’accuser… Il a du mal à trouver sa place depuis toujours dans notre… fratrie. C’est compréhensible. Nous avons tous de très… très fortes personnalités… Et puis, Komenko est son parrain. C’était l’employeur de notre mère avant d’être un client de Père. Quant à Blanche, elle est de notre côté. »
J’esquissai un mouvement de recul, plutôt surprise. « Ah bon! Mais…? Elle… Tout à l’heure? » Robin reprit la main que je lui avais enlevée (il insistait, non?), puis me dit: « Blanche et Père formaient un couple atypique, c’est vrai, mais un couple solide. Ils devaient se marier dans quelques semaines. Elle n’avait aucun intérêt à se débarrasser de lui. Il nous avait prévenu qu’il lui léguait une bonne partie de la fortune familiale… Quant à elle, pour notre compte, elle joue double jeu depuis quelques temps auprès de Komenko, et nous confie de cette façon pas mal d’infos le concernant… C’est un pourri, mais un gros client. On a besoin de lui, mais il faut tout le temps avoir un œil sur ses magouilles… plus ou moins discrètes. Tu es bien placé pour le savoir Jean, non? » Il se tourna vers son frère, toujours à la porte. Celui-ci fit mine de n’avoir rien entendu, ne prenant même pas la peine de le regarder.
Je restai là, à observer les deux frères, à présents rivaux.
« Jean est un peu le nettoyeur de l’affaire familiale, reprit Robin, un petit sourire en coin. Il s’occupe de faire disparaître les cochonneries laissées ça et là par les gros clients comme Komenko. Dernier « nettoyage » en date… » « Ça suffit! Tu la boucles! » L’ordre était venu sans préambule de l’autre côté de la cabine. Robin se tut instantanément. Je restai là, à observer les deux frères, à présents rivaux. La tension était palpable. Robin avait compris qu’il s’était passé quelque chose ici, entre nous. Il avait attendu le bon moment et pousser son frère dans ses retranchements pour accréditer son intuition. Manipulateur, le cadet, sans le moindre doute. La manœuvre me dégoûta presque. Mais qu’est-ce que Jean ne souhaitait pas que j’apprenne? Et pourquoi deux hommes si riches (et beaux/charismatiques/sexy…) s’intéressaient-ils à une fille comme moi? Un mystère que je n’avais pas du tout envie d’élucider (héhé).
J’en étais là de mes réflexions intérieures, dans mon petit cerveau embrumé par le manque de sommeil et l’adrénaline, quand, de nouveau, des pas se firent entendre dans le couloir. On gratta à la porte. Jean me fit signe de me lever. Il me tira doucement vers lui. Je compris au bout de quelques secondes ce qu’il me demandait de faire. Posant mes mains sur le chambranle de la porte, je soufflai: « Oui? Qui est là? » Un long silence s’ensuivit. Puis, très faiblement, nous écoutâmes la réponse: « C’est Alex, Adèle. Je suis venue vous sortir de là. »
03/06/2009 at 11 h 24 min Liens permanent
coquin cet Alex…???
bon sinon pas du tout Arlequin t’inquiète!!!
bisous bisous magne toi pour la suite…!!!!!
03/06/2009 at 16 h 02 min Liens permanent
y’a de la rivalité dans l’air… j’aime ces baisers echangés et ces hommes charismatiques et sexy! continue à nous faire rêver ficelle…
03/06/2009 at 16 h 53 min Liens permanent
Merci les girls!!! Je vais essayer d’accélérer un peu la cadence…
04/06/2009 at 13 h 28 min Liens permanent
Et bien ça devient chaud tout d’un coup. Moi qui pensait qu’elle craquait pour Robin…
04/06/2009 at 13 h 30 min Liens permanent
Et bien, ça devient chaud tout d’un coup. Moi qui pensait qu’elle craquait pour Robin…
06/06/2009 at 20 h 41 min Liens permanent
Argl ça y est moi aussi je suis accro ! Vivement lundi !
07/06/2009 at 9 h 38 min Liens permanent
Ah la Poule, ça me désole… Mais ce sera plutôt pour mercredi (snif…). Trop flattée/Heureuse en tout cas que ça te plaise!!
08/06/2009 at 14 h 25 min Liens permanent
Bonjour d’une nouvelle lectrice de ce feuilleton plein de rebondissement.
C’est mignon tous ces frères qui s’emploient à la « sauver »
J’ajoute mon « vivement la suite »
08/06/2009 at 15 h 28 min Liens permanent
Bienvenue à toi Nao… Moi aussi j’attends la suite (héhé). A mercredi!
08/06/2009 at 16 h 36 min Liens permanent
rhhhoooo, encore deux jours à patienter! Merci Ficelle pour ces textes haletants